PARTI COMMUNISTE FRANCAIS -SECTION D'ACHERES (78)

 LE PCF ET LA QUESTION DES RETRAITES

 

 

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 Julien Ibora, Secrétaire départemental du PCF 78 et

 

Julien Ibora: Responsable départemental du PCF
 Yolande Gaffié: Une responsable nationale CGT

 

 

 

 

 Alain Outreman: Maire d'Achères

Catherine Tasca: Sénatrice PS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Roland Muzeau, Député PCF

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réforme des retraites : arguments et propositions!

 
 

1. Crise des retraites, crise systémique

La crise des retraites plonge dans la crise systémique du capitalisme. Avec la course à « l'argent pour l'argent », les énormes potentiels de productivité des technologies informationnelles sont gâchés et tendent à détruire l'emploi, ce qui augmente le chômage et tire vers le bas la masse salariale, d'où l'insuffisance croissante des débouchés, tandis que le « cash » ainsi réalisé par les groupes va de plus en plus à la spéculation.

Le recours massif au crédit et à l'endettement a permis, cependant, des années durant, de maintenir une demande apparente dans les pays développés... jusqu'à l'éclatement de la crise financière de 2008-2009. Les aides publiques colossales alors accordées aux banques, sans changement des critères du crédit, ont servi, en Europe particulièrement, à relancer la spéculation et non l'emploi et la croissance réelle. 

D'où l'ampleur inédite du surendettement public des États de la zone euro, au-delà de la Grèce, et donc de la crise de l'euro lui-même. L'attaque contre les retraites est inscrite en contrepartie du dispositif de 750 milliards d'euros décidé par l'Union européenne pour assurer le remboursement des créanciers : il s'agit de diminuer la part, dans les richesses produites, des prélèvements publics et sociaux (impôts+cotisations) nécessaires au financement des dépenses sociales (retraites, santé…) afin de laisser s'envoler la part des prélèvements financiers (intérêts+dividendes).

Cela pèsera sur l'activité et relancera la spéculation. Au contraire, une autre création monétaire de la BCE et un fonds européen de développement social peuvent favoriser le progrès social dans l’UE, dont de bonnes retraites.

2. Démographie : un impact réel mais non fatal 

Si l’accroissement de la part des 60 ans et plus dans la population totale est une réalité, il faut sortir du fatalisme des projections démographiques.

Selon le COR, elle devrait passer de 20 % à 32 % en 2050 (+ 50 %) et on passerait à 1,2 cotisant en 2050 par retraité, pour 1,8 en 2005. Mais contrairement aux hypothèses démographiques catastrophistes antérieures, on assiste à une remontée de l’indice de fécondité : de 1,65 en 1974 à 2,09 enfants par femme d’âge fécond en 2010, soit pratiquement le taux de renouvellement des générations : 2,1. Ainsi le déclin annoncé de la population active a été retardé. De même, on peut estimer l'augmentation du besoin de financement lié à la démographie à 150 % de 1949 à 2009. Mais les richesses produites ont, sur cette période, cru de 645 % en volume, soit une croissance de 400 % par personne d'âge actif.

Une politique familiale moderne pourrait contribuer à créer la force de travail et donc les cotisants de demain, permettant de garantir le financement des retraites. Ceci impliquerait aussi de relever le nombre d’actifs cotisants en faisant reculer les exclusions sociales et en relevant le taux d’emploi des femmes, ce qui nécessiterait un service public de la petite enfance pour assurer les formules de garde des enfants. Sans oublier un possible recours à l’immigration, mais dans de tout autres conditions.

Répondre aux besoins liés à la démographie. L’accroissement de l’espérance de vie est un fait positif. Politique familiale moderne, formation, salaires et emploi sont au coeur du financement des retraites.

3. Salaires et emploi, base des cotisations

Les cotisations sociales sont calculées sur la base des salaires versés dans chaque entreprise. Mais elles sont prélevées sur la valeur ajoutée, c’est une part de la VA, hors salaires et donc prélevée sur les profits (valeur ajoutée = salaires+profits).

Ce système permet d'utiliser une partie des profits des entreprises et des richesses créées par les salariés pour financer, de façon mutualisée, un revenu pour chaque salarié retraité tout le long de sa vie hors activités professionnelles, hors subordination vis-à-vis d'un employeur, en solidarisant les salariés et les retraités. Ainsi, les entreprises sont incitées à gagner en productivité autrement qu'en faisant pression sur les salaires et l'emploi et au contraire en participant au développement des prestations retraite.

Celles-ci permettent de remplacer les salariés âgés et de renouveler la force de travail. La proposition, défendue par le PS, tendant à introduire la valeur ajoutée dans la base de calcul des cotisations patronales rendrait ces dernières dépendantes aussi des profits. La base VA serait beaucoup moins fiable que la base salaire, beaucoup plus fraudable. De même, la proposition tendant à remplacer le financement actuel des retraites par l'impôt, comme a commencé de le faire la CSG, le coupe du lien décisif à l'entreprise.

C'est aussi ce but que visent les exonérations de cotisations sociales patronales, dénommées « charges patronales » pour mieux faire croire qu'elles étouffent les entreprises. Alors que ce sont les charges financières du crédit et des dividendes qui sont écrasantes. En 2008, elles s’élevaient à 359 milliards d'euros soit 36,2 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières contre 15,2 % seulement pour les cotisations sociales (151 milliards).

4. Inégalités hommes-femmes.

Retraite au titre des droits directs :
femmes : 746 €, hommes: 1 550 €.
Avec les pensions de réversion :
femmes : 1 020 €,hommes 1 636 €.

Deux raisons :

- Des carrières plus courtes : hommes 42,25 ans de cotisation, femmes 29,75 ans.

- Pour pouvoir obtenir une pension plus importante, les femmes liquident leur retraite plus tard: 61,3 ans contre 59,2 ans pour les hommes ! A ne pas confondre avec l’âge de cessation d’activité. Environ 2/3 des salariés ne sont plus en activité à 60 ans. Mais 32 % des hommes passent par une situation de préretraite contre 21 % des femmes. Par contre, 18 % de ces dernières sont au chômage contre 13 % des hommes.

Salaires plus faibles et basses retraites. Un cumul des inégalités :

A) Salaires à temps complet inférieurs de 20 %.

B) Temps partiel souvent imposé : 30 % pour les femmes contre 5 % pour les hommes. Résultat : pour une carrière complète, pension de 1 027 € pour les femmes, 1 603 € pour les hommes.

Les mesures Balladur-Fillon ont particulièrement pénalisé la retraite des femmes qui a déjà perdu 20 % avec, particulièrement, le système de décote (5 % de pénalisation par année manquante).
- Les réformes programmées vont pénaliser encore davantage les femmes, 40 % d’entre elles connaissent les basses retraites.

Inégalités d’espérance de vie en bonne santé entre ouvriers et cadres supérieurs.
Espérance de vie à 35 ans : cadres 47 ans dont 34 sans incapacité, ouvriers 41 ans dont 24 sans incapacité.
L’écart d’espérance de vie est de 6 ans, l’écart pour l’espérance de vie sans incapacité est de 10 ans entre ouvriers et cadres supérieurs.
Causes : pénibilité du travail. Cet écart justifie pleinement la prise en compte de la pénibilité pour le départ anticipé. Le Medef doit être responsabilisé pour son financement.

5. Aggraver ce qui a échoué : NON

Les 3 réformes Balladur (1993), Fillon (2003) et le rendez-vous de 2008 ont imposé :

En 1993 :
• 40 années de cotisation au lieu de 37,5 années pour une retraite à taux plein.
• Passage des 10 aux 25 meilleures années pour le calcul de la pension aboutissant à la baisse automatique des pensions.
• Indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires, conduisant à une perte de pouvoir d’achat de la retraite.

En 2003 :
• Alignement de la durée de cotisation des fonctionnaires pour une retraite à taux plein, et nouvel allongement pour tous les régimes jusqu’à 41 ans en 2012, voire 42 en 2020.
• Réduction des pensions.
• Asphyxie du financement de la retraite par répartition.
• Incitation au recours à la capitalisation.

En 2008 :
• Alignement des régimes spéciaux (SNCF, EDF-GDF, RATP) sur le régime général.
• Durée de cotisation portée à 41 ans de cotisations pour tous en 2012

Toutes ces mesures convergentes visant la régression des pensions et à l’allongement de la durée de cotisations ont dégradé l’« équilibre financier ».

Maintenant on veut aller beaucoup plus loin : repousser l’âge de la retraite, accroître la durée de cotisation, réduire le niveau des pensions. L’idée, archirabâchée, d’un partage des efforts avec un prélèvement sur les plus fortunés est un leurre visant à faire avaler la couleuvre de l’augmentation des annuités. Le débat sur un vrai financement pour garantir la répartition est interdit, afin de monter les régimes par capitalisation. Face au sacrifice des jeunes, grandes victimes du projet de Sardonyx, la solidarité entre les générations et l’action doivent se renforcer.

6. La capitalisation coulera la répartition

La répartition, système de solidarité intergénérations et interprofessions, se fonde sur le versement immédiat des cotisations des actifs employés pour financer les retraites. Ces prestations soutiennent la demande, l’emploi, la croissance réelle, incitent les  entreprises à investir. Elles permettent de rajeunir la force de travail, et contribuent au progrès de la productivité.

La capitalisation est un gâchis car les fonds, capitalisés à partir de l’épargne individuelle, vont à la finance et la spéculation. Elle nécessite des réserves financières considérables (trois fois plus que pour la répartition), donc des prélèvements plus lourds pour des prestations réduites. Ces fonds épargnés sont autant de cotisations en moins pour le système de répartition.

La capitalisation est un risque car ces fonds dépendent de la rentabilité des marchés financiers et sont soumis à leurs aléas. Le krach boursier de 2008 a fait baisser le montant des actifs des Fonds de retraite de 5 400 milliards de dollars, et le montant des pensions de 23 % dans les pays où domine ce système de retraite.

A l’opposé de la répartition on cotise sans aucune garantie sur le montant de la retraite. Certains ont ainsi tout perdu avec la faillite de leur fonds.

La capitalisation n’est pas un complément à la répartition,mais une arme pour la détruire.

7. Un service public et commun des personnes âgées

En France l’espérance de vie passe à 81 ans en 2010 et les plus de 60 ans représentent 22,6 % de la population. Ce progrès est considéré par les tenants de la domination des marchés comme une charge. Au contraire, il permettrait d’avancer vers une autre civilisation, avec un service public de sécurisation et de promotion des personnes âgées.

Sécurisation de tous les moments de la vie et promotion des activités créatrices des seniors, des retraités et des dépendants.

La question des seniors et de leur faible taux d’emploi se rattache à la sécurisation des parcours professionnels. Le service public pourrait organiser des suivis contre l’usure et la pénibilité, des formations et des mobilités professionnelles, encadrer de bons mitemps.

Les retraités. La promotion de leurs conditions de vie et de leurs activités sociales concernerait le niveau des pensions dès 60 ans. Déjà s’amorce un renversement de portée révolutionnaire : à l’opposé de leur mise à l'écart de la vie sociale, une disponibilité bien plus grande des retraités que dans la période de travail pour des relations sociales choisies et créatrices.

Le 4e âge et les dépendants. Il s’agit de la poursuite de relations sociales et culturelles, au lieu de la réduction aux traitements médicaux et de soins physiques. Pour le soutien des maisons de retraite, très inégales, les budgets publics doivent augmenter. Les services aux personnes âgées à domicile devraient surmonter leurs graves insuffisances.

8. Attaques contre les retraites dans la fonction publique

Au nom des déficits sont imposés aux fonctionnaires : salaires bloqués, suppressions d’emplois, RGPP (révision générale des politiques publiques),non remplacement d’un fonctionnaire qui part à la retraite sur 2, casse de la fonction publique.

Au nom de l’alignement sur le privé, la loi Fillon 2003 a entraîné : recul de l’âge de départ à la retraite, baisse du taux de remplacement des pensions.
Les réformes programmées : (accroissement de la durée de cotisation, de la période de référence, report de l’âge de la retraite), sans résoudre les problèmes de financement, frappent durement les fonctionnaires . Or leurs pensions sont, pour des salaires d’actifs comparables,du même ordre de grandeur que celles versées par le régime général.
Les droits familiaux liés à la maternité sont remis en cause et pénalisent encore plus les femmes. Les prétentions gouvernementales 2010 seraient fatales pour le code des pensions.

C’est pourquoi le PCF propose :

  • La prise en compte de la pénibilité et des carrières longues ;

  • Le maintien de l’âge légal à 60 ans avec les garanties pour une retraite à taux plein et des 6 derniers mois comme salaire de référence ;

  • Le retour aux 37,5 annuités pour tous, y compris les fonctionnaires pour le calcul d’une pension complète avec 75 % du salaire minimum, la revalorisation des basses retraites ;

  • L’augmentation des salaires, la reconnaissance des qualifications et des créations d’emplois qui permettront le renouvellement générationnel et faciliteront l’équilibre des comptes et caisses ;

  • L’intégration des primes, dans le calcul de la retraite, et leur assujettissement complet aux cotisations ;

  • La prise en compte des années de formation pour la durée de cotisations.

9. Réforme du financement : les propositions du PCF

  • Faire cotiser les revenus financiers des entreprises et des banques au même taux que la cotisation sociale patronale assise sur les salaires.

  • Principe des cotisations sociales. Celles-ci doivent rester fonction des salaires versés dans chaque entreprise. Mais le taux des cotisations patronales serait modulé selon le rapport « salaires / valeur ajoutée ». Cela responsabiliserait socialement les entreprises en les incitant à augmenter la part des salaires dans la valeur ajoutée (politique salariale, emplois, qualifications) ; à gagner en productivité en baissant d'autres coûts dans l'entreprise que les coûts salariaux : les coûts en capital ; à ne pas céder aux sirènes de la croissance financière des capitaux (OPA, placements financiers, spéculations, exportations de capitaux…).

 

L’objectif de ces deux propositions serait d’augmenter fortement les recettes de cotisations sociales avec un effet de ciseaux positif. Dans un premier temps, la « taxation » des revenus financiers rapporterait beaucoup (22 milliards d'euros pour les retraites), puis, dissuadant progressivement les entreprises d'en rechercher, son rendement tendrait à diminuer. Simultanément, la modulation de la cotisation patronale rapporterait de plus en plus, au-delà de ce que rapporterait aujourd'hui la « taxation » des revenus financiers, en enclenchant une autre logique de la croissance et de la gestion des entreprises, centrée sur le développement des emplois, des salaires et prestations sociales.

On mettrait fin aux exonérations de cotisations patronales (30 milliards d'euros), le montant de l’argent public gâché pour les compenser pourrait être alloué à un Fonds national pour développer l’emploi et la formation, base des cotisations sociales.

Ce Fonds impulserait un nouveau crédit pour l'investissement, à taux d'intérêt d’autant plus abaissé que les entreprises font de l’emploi. Cela devrait favoriser la base emploi et salaire de la retraite par répartition.

Au-delà de la valeur ajoutée normale des entreprises, il convient d’ajouter des cotisations retraite sur leurs profits financiers.

 

«Des sacrifices pour sauver la retraite des jeunes?» Mensonge !

En continuant leur politique de précarisation et de chômage, avec l’allongement des études, de nombreux jeunes ne pourraient prétendre à une retraite correcte avant 68 ans. Avec le report de l’âge du départ à la retraite, ils seraient en « concurrence » avec les anciens ! Le PCF propose qu’à partir de 18 ans, les années d’études donnent droit à des cotisations pour la retraite à 60 ans à taux plein. Développer l’emploi des jeunes, c’est la meilleure  solidarité inter-générationnelle.

83 % des emplois à temps partiels sont occupés par les femmes.

Une femme gagne en moyenne 27% de moins qu’un homme. Leur déroulement de carrière est pénalisé par la maternité. Les premières victimes des basses retraites sont les femmes dont les pensions sont de 50% inférieures à celles des hommes. Et elles seraient de nouveau touchées par les projets de la droite ? Pas touche aux trimestres supplémentaires pour elles !

Les retraités ne sont pas des vieux hors d’usage.

Ils sont actifs, sans avoir à se présenter sur le marché du travail, libres de leur emploi du temps. Responsabilités associatives, conseils et transmissions de savoir, garde de leurs petits enfants, travaux... leurs activités sont précieuses pour la société. Leur pension, est irrévocable.

Ils appellent ça la réforme !

Conséquences des épisodes « Balladur » puis « Fillon » précédents : -20% sur le montant des retraites. Après la crise, Nicolas Sarkozy, a déclaré que plus rien ne serait comme avant. Et tout recommence, les mêmes recettes sur l’emploi, les salaires, le crédit et l’argent facile pour ceux qui en ont beaucoup... Autant de choix qui nous ont conduit droit dans le mur. Ce que leur réforme nous promet : une société où 35% des plus de 60 ans sont précarisés et le chômage massif pour les jeunes.

Pourquoi le Medef veut les retraites par capitalisation ?

Aujourd’hui, les retraites, c’est un pactoles de 240 milliard s d’euros convoité par la finance. Il s’agit d’une opportunité pour les marchés et les  spéculateurs : de l’argent frais pour jouer en bourse notre avnir. Reste à espérer que nos retraites ne partent pas en fumée comme aux USA avec la faillite de certains fonds de pension.

 ILS DISENT

 ILS VEULENT

 INTOX

« On vit plus vieux, on doit partir plus tard » Faire sauter l’âge légal de la retraite à 60 ans L’augmentation de la durée de vie n’a pas empêché dans le passé une baisse de l’âge de départ à la retraite. La productivité du travail augmente en France. Elle doit permettre d’augmenter les richesses produites,  financer les retraites, servir le progrès social et pas les profits et les dividendes.
« On ne peut jouer que sur 3 critères : l’âge légal de départ, le montant des cotisations et des pensions » Faire baisser les moyens de vivre sa retraite et ouvrir la manne aux assurances privées La droite considère la retraite comme une marchandise que chacun aura à se payer. Elle cache l’existence des revenus  financiers et des dividendes qui ne cotisent pas pour nos retraites.
« Le déficit est
abyssal »
Réduire l’intervention publique et les contributions patronales. La politique d’exonérations fiscales et sociales de la droite c’est 140 milliards d’euros. Le déficit est organisé. Si on mettait les revenus financiers du capital à contribution, cela rapporterait au moins 22 milliards d’euros. 100 000 emplois en plus, ce sont 2 milliards de cotisations sociales de plus.
« Le gouvernement veut garantir l’avenir pour les générations futures » Mettre les générations en concurrence et individualiser le
rapport de chacun à la retraite
Les premières victimes seraient les jeunes. Reculer l’âge de départ en retraite aggraverait encore leur chômage qui touche déjà près du quart d’entre eux. D’autant que 6 salariés sur 10 sont hors emploi au moment de « liquider » leur retraite.
« Les taux de cotisations sociales pénalisent l’emploi » Considérer le travail comme un coût à réduire et aligner les acquis par le bas «Réforme », à chaque fois ils nous disent « ça ira mieux ». Leur dénominateur commun : faire baisser les charges patronales. En 2007, celles-ci ne représentent plus que 142 milliards, et les dividendes et les charges financières sont montées à 324 milliards. Et si on inversait la vapeur ?
« Tous les pays vont dans le même sens » Aligner la France sur les pires modèles libéraux Bel exemple ! Aux USA, en Grande-Bretagne, la crise a dévalorisé les pensions par capitalisation de 23%. Et avec cet argument, on n’aurait ni congés payés, ni sécu... Payer cash et chacun pour soi n’est pas notre modèle. Faisons rimer avenir et solidarité.
  Il faut cotiser plus longtemps » Epargner les profits et les dividendes C’est tout le contraire, il faut augmenter le volume et le taux des cotisation tout en renforçant l’emploi et les salaires.
 
  

 


 

Avec la réforme des retraites, nous sommes face à un choix de civilisation : en 2050, 30 % de la population sera âgée de 60 ans et plus.

La droite a un projet simple : casser le droit à la retraite à 60 ans et tirer vers le bas le niveau des pensions pour aller vers un système par capitalisation.

Nous pensons qu’un autre choix est possible, il est nécessaire de conforter notre système actuel de solidarité par répartition à partir des principes  suivants :

  1. la retraite à 60 ans à taux plein, c’est à dire concrètement à 75% du salaire de référence.
  2. la reconnaissance de cette retraite comme un temps utile pour la société.
  3. la sécurisation de l’emploi entre 18 et 60 ans en permettant que toutes les périodes d’emploi, de chômage ou de formation ouvrent droit à cotisation.
  4. élever le volume et le taux des cotisations pour la retraite en faisant cotiser les revenus financiers et en pénalisant les entreprises qui font du chômage.

Il est temps de mener le débat sur cette question majeure à l’échelle du pays en dénonçant l’idée qu’il n’y aurait qu’un seul choix, celui de Nicolas  Sarkozy et de ses amis de la finance, celui de travailler plus pour en définitive vivre moins.

La droite est en difficulté, c’est le moment de nous rassembler autour de propositions en rupture avec ses choix libéraux. Les solutions existent pour assurer à chacun et chacune une belle retraite.

Le PCF, avec le Front de Gauche, appelle toutes les forces politiques de gauche, tous les syndicats et les associations, tous les citoyens et citoyennes à se rassembler. Ensemble, créons un front de riposte inédit, un front de propositions, un front politique, social, citoyen et inter-générationnel gagnant qui porte une ambition pour toute la société. Ensemble, unissons-nous contre la droite pour défendre la retraite.

Marie-George Buffet
Secrétaire nationale du PCF, députée

Pierre Laurent
Coordinateur du PCF

 

 

LE TRACT SUR LES RETRAITES

 

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Campagne du PCF sur les retraites : conférence de presse du 29 avril

Lors du Conseil national du 16 avril, nous avions annoncé une campagne de communication de grande ampleur afin de sensibiliser l'opinion publique sur l'avenir de notre système de retraite et alerter sur le projet de la droite qui a pour objectif d'imposer sa « réforme » avant l'été. Si nous avons fait le choix d'une campagne mobilisant des moyens très importants, d'une campagne qui vise à susciter des réactions, notamment avec les deux affiches nationales que nous proposons pour la journée du 1er mai, si nous priorisons cette bataille dans l'engagement des communistes, c'est que l'essentiel du rapport de force face à la droite, au patronat et aux marchés financiers va se jouer dans les semaines à venir. Les mois de mai et juin seront vraiment déterminants pour mettre en échec le gouvernement. Le Gouvernement laisse croire à une période de « dialogue », « d'échanges », mais en fait tout est bouclé, en témoigne cette semaine sa fin de non recevoir sur la question de la pénibilité et de l'emploi des seniors.

 

Je ne reviens ici sur les enjeux décisifs qui dépasse la seule question des retraites. Nous sommes face à un véritable choix de société. Aussi, le débat doit avoir lieu. Le Gouvernement doit renoncer à un passage en force. Une délégation du PCF conduite par Marie-George Buffet sera reçue demain par le ministre du Travail, c'est l'une des exigences que nous porterons : comme en 2005 sur le TCE, notre peuple doit, à partir des réalités, se faire son opinion. Chacun doit pouvoir disposer des éléments, de tous les éléments ( je pense par exemple aux nouvelles ressources pour financer notre système solidaire par répartition). Normalement, cette communication éclairant loyalement les enjeux, laissant ouverte toutes les solutions pour répondre aux défis de la période, devrait être assurer par l'État. Les moyens publics, plus de 5 millions d'euros, sont affectés à d'autres missions : relayer « les salades », les mensonges et les manipulations de l'Ump et du patronat. L'intoxication idéologique délivrée veut laisser croire qu'il n'y aurait pas d'autres réponses que le recul de l'age légal du départ à la retraite avec un allongement des durées des cotisations et une nouvelle baisse du niveau des pensions.

La droite redoute avant tout que le débat citoyen et populaire puisse se lever. Alors tout est bon pour détourner l'attention de l'opinion publique. Nous assistons à un nouveau concours de boules puantes. Du voile à la fraude aux allocations familiales, en passant par la suppression de ses aides aux familles les plus en difficultés, aux petits jeux des amalgames, des stigmatisations, des préjugés, la droite travaille à un pourrissement des valeurs, en premier lieu celles de la justice, de l'égalité et de la solidarité.

Ce dispositif idéologique vient de trouver un nouveau terreau avec la situation en Grèce. Le message est clair : aujourd'hui, la Grèce est dans la tourmente, demain le Portugal, l'Espagne et l'Irlande, et après-demain la France si vous n'engagez pas rapidement la vente à la découpe de votre protection sociale, en commençant par les retraites. C'est le grand retour de la Finance, renflouée avec des prêts à 1% par la BCE et les États, elle fait payer l'addition aux peuples avec des taux de 11 à 18 %. La Ministre Lagarde n'est pas en reste dans ce troisième chapitre de la crise commencée en 2007/2008, elle annonce un prêt à la Grèce à 5% qui rapportera 150 millions à l'État. Voilà un mélange d'infamie, d'obscénité qui nécessite un haut niveau de riposte.

Le Parti communiste, comme l'a réaffirmé hier Marie-George Buffet, est solidaire du peuple grec. Nous allons dans les cortèges du Premier mai avec le brin de muguet, le tract retraite tiré à plus de 3 millions d'exemplaires, et avec la pétition citoyenne lancée par le journal L'Humanité pour une aide d'urgence au peuple grec. Le mot d'ordre de notre campagne retraite «  retraitons juste » sera accompagné du drapeau grec avec un message : «La-bas comme ici, résistance à la Finance ».

Venons-en aux deux affiches nationales imprimées à 200 000 exemplaires.

Nous avons fait le choix d'utiliser les codes de la communication sociétale afin de créer une prise de conscience. On nous dira, c'est un peu brutal. La brutalité est du côté de la droite, nous ne faisons qu'éclairer la vraie nature du projet gouvernemental. Nous voulions un message qui puisse toucher la jeune génération, qui puisse lui parler car cette contre-réforme les vise particulièrement. Comme je l'indiquais dans le rapport présenté au dernier Conseil national, la mise en mouvement de la jeune génération est l'une des clés de la dynamique de rassemblement pour mettre en échec Sarkozy.

L'affiche des barreaux en forme de cannes s'inspire des campagnes traitant des grandes causes humanitaires pour susciter une prise de conscience instantanée sur la gravité d'un recul de civilisation passant par la casse du système solidaire des retraites. Le troisième âge peut être une troisième vie, libérée des contraintes. Les mains sont celles d'un jeune homme d'environ 35 ans, c'est pour nous le moyen de défendre le lien intergénérationnel que la droite veut à tout prix briser. Mais nous voulions aussi évoquer la souffrance au travail et l'idée que la mise en œuvre de la réforme de la droite ferait que le « droit à la retraite » n'adviendrait que pour des humains ne pouvant plus en profiter. L'idée des barreaux matérialisés par des cannes nous est apparue comme étant très efficace symboliquement, résumant la conception «  prison », « isolement » du projet de la droite. Le mot Libération peut enfin évoquer cette période où le peuple français a conquis la protection sociale dont le droit à la retraite est l'un des piliers.

L'affiche boucherie s'attaque plus particulièrement à un volet de la réforme : l'allongement de la durée de cotisation. Nous avons fait ici le choix d'une image choc à la hauteur de la régression que nous promet la réforme au travers des yeux d'une enfant. Nous sommes presque de retour aux Temps Modermes ou au Kid de Charlie Chaplin. Cette petite fille n'a pas perdu ses rêves mais la voilà obligée de travailler, « pour atteindre les 42 années de cotisation retraite, mieux vaut commencer tôt »....que sommes-nous en train de devenir, voulons nous vraiment de cette société qui fait machine arrière ? De quoi sera fait demain si des enfants en viennent à remplacer leurs jouets par des pièces de viandes.

Vous retrouverez tous ces visuels dans le 8 pages édité en 3 millions d'exemplaires que nous distribuerons pour la premières fois ce samedi 1er mai. Il contient un édito de Marie-George Buffet et Pierre Laurent, un décryptage sérieux du projet de la droite, des propositions alternatives, crédibles, chiffrées et argumentées. Il fait la démonstration de la possibilité d'une autre réforme des retraites, juste et efficace.

Avec l'organisation des premiers débats (déjà une centaine sont à l'agenda, notre objectif est d'atteindre le millier d'ici la fin juin), toute la semaine prochaine les membres de notre direction nationale, les élus, les militants seront devant les entreprises, les lycées, les campus, dans les quartiers, sur les marchés pour distribuer le journal de campagne et engager le débat avec les citoyens, les salariés, les jeunes.

Nous consacrerons nos émissions « expression directe », diffusées à partir du 10 mai sur le service public télévisé, à la question des retraites. Un site internet spécialement consacré à cette campagne est mis en service dès cette fin de semaine, il reprendra l'ensemble de nos matériels et nos propositions, nous voulons aussi en faire un centre de ressources ou chacun pourra s'informer, de documenter. Notre ambition est une campagne vérité d'une dimension comparable à celle de 2005 sur le Traité constitutionnel européen.

Voilà pour ce que nous pouvions présenter aujourd'hui. Une dernière information, sans pouvoir en dire trop sur le sujet afin de préserver l'effet de surprise. Vendredi, nous lancerons le premier épisode d'une série de 4 vidéos virales sur internet qui feront à n'en pas douter parler d'elles. Nous en reparlerons le temps venu.

Nous n'avons pas les moyen de l'État UMP, mais nous avons des idées et nous les mettons à la disposition du rassemblement syndical, politique, associatif, intellectuel et citoyen, pour ne pas battre en retraite et gagner la bataille.

 
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